Urbanisme: Lutte aux îlots de chaleur urbains
Front commun à Bruxelles, Montréal et Paris
Par Hélène Boucher
Les poches d’air chaud que sont les îlots de chaleur urbains (ICU) se multiplient dans le décor des villes et alimentent les hausses constantes de température, qui ont des impacts sur la qualité de l’air, et par conséquent sur celle de la vie des citadins. Est-ce un mouvement irréversible ? Trois métropoles ont tiré la sonnette d’alarme et mis en branle des initiatives ciblées. Tour d’horizon.
Mission bruxelloise : Nature possible
François Mayer est responsable du suivi de la mise en œuvre du plan de gestion de l’eau à Bruxelles Environnement, une entité territoriale responsable de la gestion de l’environnement et de l’énergie dans la région de la capitale belge. Un territoire regroupant 19 communes et sur lequel vivent 1,22 million d’habitants, mais également un bassin quotidien de 350 000 travailleurs urbains, dont la moitié provient de l’extérieur de la région. La lutte contre les gaz à effet de serre (GES), fléau du déplacement automobile, s’inscrit donc parmi les combats à mener dans le secteur. Des études cartographiques ont permis de mettre le doigt sur les « zones rouges » de formation d’ICU, quartier par quartier.
L’ingénieur biologiste spécialisé en aménagement du territoire ne peut que constater le lien de corrélation entre quartiers défavorisés et îlots de chaleur. Parmi les communes les plus pauvres, celle de Molenbeek-Saint-Jean est également fortement urbanisée et carencée en espaces verts.
À la demande des citoyens, des opérations d’aménagement de fontaines et de plantation d’arbres dans les espaces publics sont actuellement menées à différents endroits, souligne François Mayer. « Les points de fraîcheur ainsi créés donnent à l’arbre son effet direct de lutte aux vagues de chaleur », évoque-t-il.
Parmi ses efforts contre les ICU, Bruxelles Environnement envisage aussi la revitalisation des espaces naturels afin de les rendre accessibles à tous. Cette année, le marais Wiels, non loin de la gare Bruxelles-Midi, ou encore La Senne, un cours d’eau traversant sur une centaine de kilomètres trois régions belges, étaient dans leur mire d’opérationnalisation. D’autres volets d’intervention à l’échelle régionale jouent un rôle influent, dont l’octroi de primes aux particuliers qui instaurent des toitures vertes en leur milieu de vie.